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Après avoir été mis à la porte du domicile familial, en raison de leur orientation sexuelle et affective, deux jeunes hébergés, âgés de 24 et 20 ans, par l’association « Le Refuge », à Lille et à Toulouse, ont été mis à la porte de cette structure reconnue d’utilité publique dont la principale mission est de proposer un hébergement temporaire à des jeunes majeurs, garçons et filles, victimes d'homophobie.

On leur reproche de dénoncer des conditions de vie, au sein de la structure, qu’ils jugent inacceptables. Leurs témoignages circulent sur plusieurs pages Facebook. Je ne vais pas me prononcer sur la pertinence ou la véracité de ceux-ci. Ce n’est pas mon rôle.

Par contre, je ne peux que déplorer que la seule réponse qui ait été apportée par « Le Refuge » soit une exclusion définitive de leur lieu d’hébergement sans préavis et sans dialogue préalable, en pleine période hivernale où les températures chutent vertigineusement.

Humainement, je n’arrive pas à comprendre cette décision qui me semble particulièrement disproportionnée par rapport aux faits qui sont reprochés à ces deux jeunes en difficulté. Elle peut être lourde de conséquences pour leur équilibre psychologique et leur avenir. L’un d’entre eux, hébergé sur Lille, poursuit une formation professionnelle qui s’achève le 28 février. Il a été sommé de quitter son lieu d’hébergement mardi. Cela risque de mettre sérieusement en péril la poursuite de celle-ci dans de bonnes conditions. Je ne peux pas rester insensible à sa détresse. L’idée de se retrouver à la rue le met dans un état d’angoisse qui m’inquiète beaucoup et que je peux comprendre.

Pour ceux qui me connaissent, ils savent que je ne peux pas rester insensible face à la détresse humaine. D’autant plus que j’ai moi-même été victime, lorsque j’étais jeune, d’exclusion familiale en raison de mon orientation sexuelle et affective. C’est un souvenir que j’essaie d’effacer de ma mémoire mais, plus de 20 ans plus tard, je n’y arrive pas. Aujourd’hui, je n’ai toujours aucun contact avec ma famille, malgré plusieurs démarches de ma part. C’est une situation qui m’affecte beaucoup au quotidien. Je masque ma souffrance mais elle est toujours bien présente.

Pour toutes ces raisons, j’appelle, du fond de mon cœur, les responsables de l’association « Le Refuge » de faire preuve d’humanité et de sursoir à l’exécution de leur décision et de s’engager sur la voie d’un dialogue constructif.

Giuseppe Di Bella

Deux jeunes jetés à la rue par l’association « Le Refuge » : une décision lourde de conséquences prise en pleine période hivernale

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