Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Hier, j’ai publié un « billet d’humeur » sur mon blog où je demandais à l’association « Le Refuge », qui accueille les jeunes homosexuels en situation d’exclusion, de sursoir à l’exécution de sa décision d’expulser deux hébergés qui avaient émis des critiques sur son fonctionnement sur Facebook.

J’ai été victime d’attaques particulièrement virulentes sur les réseaux sociaux, par mail et dans les commentaires de mon blog. Dans un post publié sur sa page Facebook, Nicolas Noguier, le président du « Refuge », n’a pas tardé à réagir. Sans jamais me nommer. Il menace d’engager une procédure à mon encontre. Grand bien lui fasse ! Cela me permettra, avec bon nombre de témoignages accablants, de m’exprimer devant la justice. Ce sera à elle – et à elle seule – de se prononcer sur le caractère diffamatoire ou non de mes propos.

Voici le contenu du post dont il s’est fendu :

« L'association qui nous réunit tous est une structure sociale à part entière.

La petite association d'il y a 10 ans est devenue grande, agréée et acteur à part entière du champ de l'insertion sociale, avec 12 salariés dont plusieurs travailleurs sociaux et psychologues pour accompagner les 70 jeunes actuellement hébergés.

Il est toujours nécessaire de rappeler que nos décisions sont prises en équipes et soumises au contrôle des inspecteurs de l'action sanitaire et sociale.

Comme dans toutes les structures sociales de France, nous devons conjuguer nos actions avec un contrat d'hébergement et d'accompagnement, dans le but de responsabiliser les personnes accompagnées.

Comme dans toutes les structures sociales de France, il arrive aux équipes de mettre un terme au contrat après plusieurs manquements au règlement. C'est malheureusement nécessaire et indispensable pour préserver les autres jeunes accompagnés et la rupture d'un contrat ne signifie pas que la porte est définitivement fermée.

Bien au contraire, l'expérience du terrain montre que ce sont souvent ces personnes qui reviennent vers notre dispositif en ayant tiré les conséquences de l'échec passé et prêtes à prendre un nouveau départ, voire à nous accompagner dans nos actions.

Actuellement, nous sommes confrontés à une campagne de dénigrement dont les initiateurs sont connus de l'association et de plusieurs associations LGBT au sein desquelles ils ont utilisé les mêmes vecteurs de malveillance.

Bien entendu, notre éthique sociale ne nous permet pas de répondre aux interventions individuelles, quelle que soit la pression exercée, pour prendre des décisions quant à l'accompagnement de notre public.

Au contraire, ces interventions mettent encore plus en danger les personnes qu'ils prétendent défendre mais, au final, manipulent à des fins personnelles.

Un article circule indiquant que nous avons mis des jeunes dehors en plein hiver.

Les personnes sensibilisées à l'action sociale auront compris qu'il est impossible d'agir de la sorte et que toute décision est le fruit d'un parcours social de plusieurs mois.

Nombreux sont ceux qui ont compris que pour dénoncer les agissements avérés d'une structure, il est beaucoup plus pertinent d'aller au commissariat le plus proche que de s'épancher lourdement sur les réseaux sociaux avec un article sombrant dans le pathos et n'ayant que pour objectif de vous manipuler.

Bien entendu, les dépôts de plainte seront effectués ce mardi pour préserver notre image mais le mal n'est-il pas fait ?

Vos messages de soutien ont été énormes et réconfortants mais combien d'énergie dépensée alors que nous sommes confrontés à une activité terrible ?

Je salue le courage de nos équipes qui traversent une période difficile.

Je salue le courage de tous les jeunes accompagnés à qui ces attaques font beaucoup de mal.

C'est une attitude détestable à l'heure où nous devrions tous être soudés, une attitude dont se réjouissent les opposants à l'égalité, réunis ce dimanche dans les rues de Paris.

Certes ces attaques confortent notre position d'acteurs sociaux professionnels et permettent à notre belle famille de se souder et d'en sortir plus forte mais il n'en demeure pas moins que nous avons mieux à faire que de gérer les actions des personnes en quête d'existence sociale et de reconnaissance perpétuelle.

Notre association a besoin de moyens comme va le démontrer notre campagne nationale lancée ce lundi.

Le but de cette polémique est de nous priver de ces moyens. Nous avons terriblement besoin de vous.

J'en suis meurtri.

Nicolas »

Des propos qui me laissent perplexe. Et dans le seul but de dénoncer un simple billet de blog qu’il semble vouloir mettre en lumière. C’est tellement facile d’avoir le beau rôle ! Il m’accuse de sombrer dans le « pathos ». Un procédé qu'il use largement pour appeler aux dons, en particulier par la publication de témoignages anonymes dont il est impossible de connaître l’authenticité. Soit. Le gentil c’est lui, le méchant c’est moi. C'est une technique bien connue.

De nombreuses personnes m’ont reproché de ne pas apporter de preuves à mes propos. Je réponds aujourd'hui à leurs attentes.

Je vais prendre le cas de Luc, le jeune hébergé à Toulouse, qui a été expulsé du logement qu’il occupait, en pleine période hivernale. Les lecteurs trouveront sa notification d’expulsion à la fin de ce billet. Trois avertissements lui ont été adressés le jour où il a été mis à la rue. Un procédé étrange. Les motifs de cette décision sont encore plus troublants. Trois avertissements et une exclusion définitive le même jour… Un véritable tir groupé !

Morceaux choisis :

« Bonjour Luc, Tu es officiellement hébergé au Refuge Toulouse depuis le 20 décembre 2013 (signature de ton contrat et de ton livret d’accueil).

Depuis ton arrivée un certain nombre de règles t’ont été signifiées par écrit (cf. contrat d’accompagnement et livret d’accueil) et par oral pour t’aider à plein de ce temps d’hébergement et d’accompagnement qui t’a été proposé par notre équipe. Tu les as respectées mais :

- Il se trouve que depuis mercredi soir 29 janvier avec la publication sur les réseaux sociaux (Facebook) d’une lettre diffamatoire et menaçante à l’encontre de certains bénévoles et plus largement envers l’association, tu t’es mis en position de te nuire à toi-même mais aussi de ne plus être en conformité avec le contrat signé avec toi en fin d’année dernière.

Ce qui fait ce jour l’objet d’un avertissement.

- Tu as utilisé de façon non autorisée les différents documents officiels destinés à l’affichage dans ton appartement. Ceci a été constaté lors d’un entretien ce jeudi 30 janvier avec toi en présence de ton accompagnateur et directement dans ton logement (hier vendredi 31 janvier).

Ce qui fait l’objet ce jour d’un deuxième avertissement.

- Tu as publié hier vendredi 31 janvier toujours sur les réseaux sociaux (Facebook) deux vidéos toutes aussi diffamatoires envers l’association et des bénévoles que la lettre du 29 janvier, avec de plus l’utilisation de témoignages d’autres hébergés.

Ce qui fait l’objet ce jour d’un troisième avertissement. »

Le tout sans que le jeune mis en cause n’ait été entendu sur les griefs qui lui étaient reprochés. Je suis le seul à trouver ce procédé particulièrement expéditif ?

Et pour enfoncer le clou (histoire d’en rajouter une seconde couche…) :

- De plus depuis plusieurs entretiens nous remarquons que tu te focalises quasi exclusivement sur tout un ensemble d’accusations et de menaces à l’encontre de certains bénévoles, dont le délégué régional et de l’association, plutôt que de continuer à travailler de façon constructive et apaisée à ton projet.

Un « ensemble d’accusations et de menaces »… Lesquelles ? C’est très vague. En outre, c’est en totale contradiction avec le second paragraphe qui mentionne que les règles ont été respectées par Luc.

Pour les jeunes hébergés, il est interdit d’émettre des critiques, qui peuvent être parfois constructives, sur le fonctionnement de l’association « Le Refuge », sous peine d’encourir l’expulsion expéditive, même en période hivernale ? Quelle étrange conception de la démocratie !

Je viens d’apprendre qu’un autre jeune, hébergé à Lyon, a été expulsé et qu’il se retrouve à la rue. Il lui est reproché de s’être plaint de l’état du logement qu’il occupait, photos à l’appui.

Les jeunes qui ont été mis à la rue, à Lille et à Toulouse, vont engager une procédure judiciaire à l’égard de l’association « Le Refuge ». L’un d’entre est au commissariat de police au moment où j’écris ces lignes.

Je n’ai pas l’habitude de courber l’échine et de me laisser intimider. Je n’accepte pas que l’on puisse me dicter ce que j’ai le droit d’écrire ou non, au nom de la bien-pensance.

D’autres billets suivront avec de nouveaux éléments. Chacun pourra ainsi se faire sa propre idée.

Giuseppe Di Bella

L’association « Le Refuge » expulse des jeunes en plein hiver : la lumière sur cette triste réalité
L’association « Le Refuge » expulse des jeunes en plein hiver : la lumière sur cette triste réalité

Partager cet article

Repost 0