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L’Utah rétablit les pelotons d’exécution pour les condamnés à mort : une pratique barbare

Ce lundi, l'Utah est devenu le premier Etat américain a rétablir les pelotons d'exécution pour les condamnés à mort. Cette méthode particulièrement barbare de mise à mort, qui avait été abandonnée en 2004, a été approuvée par le Sénat de cet Etat très conservateur du sud-ouest américain, où la majorité des habitants sont mormons. Elle pourra être utilisée en cas de pénurie de produits permettant l'injection létale.

Les fabricants européens refusent désormais de fournir l’anesthésiant le plus courant (pentobarbital) pour les injections létales. Ce qui pose un sérieux problème à de nombreux Etats américains (une trentaine) qui ont toujours recours à la peine de mort.

Dans un article publié en 2010 sur le site AgoraVox, Diane Saint-Réquier explique comment se déroule la procédure d'exécution par un peloton d'exécution en Utah : "La procédure se déroule dans une pièce de six mètres sur sept. Le condamné est attaché sur une chaise noire, en dessous de laquelle un plateau est installé pour récupérer le sang. Il est cagoulé, et une cible blanche est épinglée au niveau de son cœur. En face, cinq tireurs sélectionnés pour leur précision se placent derrière un mur, dont ne dépasse que l’extrémité de leur calibre 30. L’une des armes est chargée à blanc, laissant aux tireurs le doute sur la provenance de la balle mortelle. Les témoins de l’exécution se trouvent derrière une vitre pare-balle, pour prévenir les ricochets."

Quel que soit le crime et quelle que soit la méthode utilisée, la peine de mort est toujours un traitement inhumain. Rien ne justifie que l’on enlève la vie.

Les États-Unis font partie du cercle restreint des démocraties qui ont encore recours à l’exécution capitale. Il convient de rappeler que le président Barack Obama a reçu le prix Nobel de la paix, en 2009...

En 2014, l’Académie des sciences américaine a estimé que plus de 4% des condamnés à mort seraient innocents. Un chiffre terrible qui fait froid dans le dos et qui devrait pourtant pousser les États américains qui ont toujours recours à la peine de mort à renoncer définitivement à ce châtiment barbare et inhumain d’une extrême cruauté.

La peine de mort et la démocratie sont incompatibles. Le recours à la prison à perpétuité - sans aucune possibilité de libération anticipée - est une solution beaucoup plus humaine, en particulier pour les personnes condamnées à tort qui peuvent espérer obtenir une révision de leur procès lorsque de nouveaux éléments sont connus par la justice.

Au mois de mars 2014, Glenn Ford, âgé de 64 ans, a été libéré à l'issue de 29 ans passées en détention - en grande partie dans le couloir de la mort - après avoir été condamné à l’exécution capitale pour le meurtre d’un horloger. La justice, sur la base de nouveaux témoignages, l’a déclaré innocent.

La peine de mort n’est pas une mesure de justice acceptable, en particulier pour des pays qui sont de véritables démocraties... ou qui prétendent l'être.

Giuseppe Di Bella

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