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Il y a quelques mois, à l’occasion des Jeux Olympiques d’hiver qui se dérouleront à Sotchi en février 2014, les médias avaient largement fait l’écho de la situation plus qu’inquiétante des droits des personnes homosexuelles - et des droits de l’homme en général - qui règne en Russie. Depuis, les feux des projecteurs médiatiques sont retombés. Mais les problèmes qui rongent le pays existent toujours, sans susciter la moindre condamnation officielle de l'ensemble de la communauté internationale.

Malgré les nombreuses contestations, en particulier sur les réseaux sociaux, le CIO (Comité international olympique) a choisi de courber l’échine et de se plier aux lois liberticides - en particulier celles interdisant « la propagande homosexuelle » - de Vladimir Poutine et renoncé ainsi aux valeurs ancestrales et primordiales de l’olympisme.

Dimanche, à l’occasion de l’arrivée de la flamme olympique à Moscou, un groupe de citoyens réuni par le biais de Twitter, a souhaité réagir contre ces lois en peignant une flamme olympique de 5 mètres aux couleurs de l’arc-en-ciel devant le siège du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), situé avenue Pierre de Coubertin à Paris, avec comme slogan « BOYCOTT J.O. SOTCHI 2014 ».

Cette action symbolique est destinée à soutenir non seulement les minorités sexuelles durement persécutées, mais aussi toutes les personnes inquiétées ou emprisonnées en Russie en raison de leurs opinions. Il s’agit avant tout d’une piqûre de rappel.

La Russie est loin d’être une démocratie. C’est un régime autoritaire, dirigé d’une main de fer par le président Vladimir Poutine dont certains intellectuels et personnalités russes n’hésitent même pas à proposer sa candidature pour le Prix Nobel de la paix. Le pays se situe à la 117e position, juste après Madagascar et avant la Jordanie, de l’indice de démocratie établi en 2011.

Fin septembre, le CIO a estimé que la loi « anti-propagande homosexuelle » n’était pas discriminante et qu’elle ne violait pas la charte olympique. L’ancien champion olympique français Jean-Claude Killy, président du Comité de coordination des J.O. de Sotchi, a même déclaré, sans se démonter : « La charte olympique prévoit que toute ségrégation soit parfaitement interdite, que ce soit raciale, de religion, de couleur ou autre sur le territoire olympique, et donc ce sera le cas, nous en sommes persuadés. Le CIO n’a pas vocation à discuter des lois dans les pays dans lesquels les jeux olympiques sont organisés. À partir du moment où la charte olympique est respectée, nous sommes satisfaits et c’est le cas ».

Pour Amnesty International, « le spectacle et la fanfare des cérémonies olympiques ne cacheront pas le fait que les droits humains fondamentaux sont foulés aux pieds alors qu'ils sont garantis par la Constitution russe et par les traités internationaux relatifs aux droits humains auxquels la Russie est partie prenante ».

Pendant la durée des Jeux Olympiques, les communications seront étroitement surveillées par le FSB, le Service fédéral de sécurité russe, qui a succédé au KGB de l’ère soviétique. Curieuse et inquiétante conception de la démocratie.

Les Jeux Olympiques de Sotchi seront ceux de l’homophobie et du mépris des droits de l’homme les plus élémentaires. Et les pays qui y participeront seront les complices de cette honteuse mascarade, bien éloignée des valeurs de l’olympisme.

Ce lundi 7 octobre, le président Vladimir Poutine célèbre son 61e anniversaire. Et surtout pas de « Happy birthday Mr. President » pour lui…

Giuseppe Di Bella

Une flamme olympique arc-en-ciel devant le Comité national olympique à Paris : un acte fort contre l’homophobie en Russie

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